Pascale Girardin

27 mars au 10 mai 2020

Si l’on considère sa plasticité, son long processus de séchage, ses nombreuses cuissons et ses traitements de surface, l’activité céramique favorise l’émergence d’une démarche poïétique où la mise à l’œuvre sert de prémisse plutôt que de finalité. Ainsi, ma volonté d’étudier les gestes et les microévénements issus de cette activité découle des observations accumulées au cours de mes années de pratique de la céramique, où mon corps tout entier demeure engagé le long du parcours jalonné par les phases de transformations de la matière.De ce fait, le métier que je pratique nécessite un savoir-faire, une sensibilité proprioceptive et une adaptabilité devant les incertitudes qui se présentent à moi tout au long de ce cheminement. Comme je suis simultanément instigatrice et témoin de ses multiples altérations, la précarité de l’argile crue, comme la durabilité de la terre vitrifiée, me porte à réfléchir aux notions d’impermanence et de modalité, plutôt que de fixité ou d’aboutissement. De la sorte, j’explore le potentiel de l’argile à être à la fois référent et dispositif dans une pratique plus élargie. Mes installations, performances et sculptures, tirent ainsi profit de mon expérience en métiers d’art, en design et en arts visuels afin d’étudier comment le savoir-faire et la matérialité contribuent à la formation de la pensée.