2008 04 Territoires Ferblantes
/ / -Des territoires ferblantés. -Des quoi? -Des paysages matricés! -Ah! Des natures mortes?! -Oui, qui ne bougent pas…

Du 3 avril au 25 mai 2008

Ludovic Boney, Marc-Antoine Côté,
Jean-Robert Drouillard

Des sculptures qui flirtent avec l’installation

2008-05_TerritoiresFerblantes

Relatives aux thèmes de la rencontre, de la fiction, du leurre et de l’autre, les oeuvres sont inédites, créées en fonction de l’espace de MATERIA. Elles sont conçues pour entrer en relation avec le spectateur, pour l’intriguer, pour influer tant sur ses sensations que sur ses perceptions, pour lui faire saisir le rapport, nécessaire et obligé, au corps physique. Regards sur soi, regards sur les autres, les sculptures lui feront aussi réaliser que l’image projetée peut être bien différente de la réalité…

Porteuses d’une identité propre et de la démarche, esthétiquement et conceptuellement très différente, de chacun des artistes, les sculptures se répondent. Elles deviennent installation de par leur mise en scène et leurs interactions habitent véritablement l’espace d’exposition. Elles forment un tout, narratif et théâtral, un tout ou les techniques revêtent un rôle majeur et ou la matière est présente pour ce qu’elle est. Territoire d’échanges, partage de territoires, l’exposition sera l’aboutissement éclaté et un brin ironique d’un processus de création porté par la rencontre de trois artistes de la relève aux inspirations distinctes.

Courtes notes biographiques et démarches artistiques
Ludovic Boney, Marc-Antoine Côté, Jean-Robert Drouillard sont trois sculpteurs de la relève issus du programme Techniques de métiers d’art du Cégep Limoilou à la Maison des métiers d’art de Québec. Membres et fondateurs de la coopérative Le Bloc5 (2002), ils y travaillent l’acier, l’aluminium, le bois et le béton.

Ludovic Boney
C’est dans le tissu urbain qu’il puise son inspiration. Les mécaniques industrielles, les matériaux de construction et l’esthétisme architectural actuel sont des éléments intégrés et inscrits, autant dans sa recherche, dans le développement de ses formes, dans le choix de la matière que dans la réalisation finale de ses sculptures. La simplicité et l’accumulation caractérisent également son travail. Sa démarche, profondément intuitive, permet une exploitation de l’espace définie par les possibilités et le jeu, infini, des dispositions.

Marc-Antoine Côté
Travaillant principalement le métal (l’acier et l’aluminium surtout), il le martèle, le chauffe, le traumatise, le restructure. Ses recherches visitent et organisent l’espace à la fois de la matière bidimensionnelle et tridimensionnelle. Il utilise les qualités intrinsèques du métal, en jouant avec les diverses nuances d’oxydation, de couleur thermiques ou de patines chimiques. Paysages abstraits, ses oeuvres laissent deviner sa source d’inspiration première : les strates géologiques. Foncièrement sculpturales de par leurs relations avec la matière, l’espace et le corps, les oeuvres créées se développent de manière intuitive, laissant une grande place au travail manuel dans la matière.

Jean-Robert Drouillard
Paradoxalement, ses personnages possèdent une véritable « présence » tout en évoquant un certain vide intérieur. Elles racontent en silence nos manques, nos faiblesses, nos propos innommables, tout en gardant un petit quelque chose de ludique et de beau. Il vise à ramener le spectateur vers son corps, ses limites et ses handicaps existentiels, tout en essayant de le faire sourire ou, à tout le moins, de le charmer, en conservant toutefois une part intrigante d’ambiguïté.

De plus, en parallèle de leurs intentions conceptuelles, c’est intentionnellement que les membres de la coopérative Le Bloc5 laissent des traces de leur travail manuel dans la matière. C’est consciemment qu’ils laissent des marquent, des empreintes et des fissures afin d’inscrire en filigrane le passage, le parcours, le chemin par lequel l’oeuvre a vu le jour, pour donner une mémoire à l’objet fabriqué, pour que leurs sculptures, leurs tableaux et leurs bas-reliefs soient porteurs, non seulement de l’intention conceptuelle à l’origine de leur fabrication, mais aussi du rapport physique entre leurs corps, l’espace et la matière.