
DÉBORDEMENT
Exposition : 09 janvier au 15 février 2026
Vernissage : 09 janvier, dès 17h
Stéphanie Letarte – Emily Lewis – Katia Martel – Laura Sasseville – Anne-Sophie Vallée
Co-commissariat : Stéphanie Letarte et Emily Lewis
Débordement est une exposition conçue comme dispositif d’excès, un agencement où gestes et matières s’accumulent, débordent, refusent toute clôture disciplinaire et s’affirment comme structure narrative dans le but de créer de nouveaux espaces de connaissance.
Stéphanie Letarte, Emily Lewis, Katia Martel, Laura Sasseville et Anne-Sophie Vallée, cinq femmes artistes issues du milieu du bijou contemporain, déploient des pratiques multidisciplinaires distinctes qui se rejoignent par un désir de faire valoir recherche et processus avec en son centre, la positionnalité du corps.
Qu’il s’agisse de matière morte ou vivante, de traces mémorielles, de fragments sonores et électroniques, de dispositifs de design ou de mécanismes de représentation du corps, chaque matériau est choisi pour sa capacité à agir, à porter des histoires, à inscrire le temps dans la forme.
Dans Débordement, les œuvres naissent de la tension entre chaos et structure, laissant transparaître les effusions, les surplus, les crues et les flots que constituent l’atelier qui déborde. Les idées se multiplient plus vite qu’elles ne se figent, s’assemblent, où se répondent. Elles s’empilent jusqu’à faire du trop-plein qui déferle, une méthode d’ajustement en réponse à un quotidien saturé d’habitudes.
Le corps-atelier est lieu de travail: il est à la fois matrice, territoire et échelle. Transporter, habiter ou habiller ce corps, c’est interroger son histoire, ses normes et ses zones de résistance. Chaque pièce agit comme membrane, prothèse, trace et parfois même absence.
L’exposition Débordement s’organise comme une cartographie de gestes; fragments, échantillons, croquis et œuvres achevées s’y répondent sans hiérarchie. L’espace devient laboratoire où la matière pense, où l’excès est productif, où chaque pièce est à la fois œuvre et processus.
STÉPHANIE LETARTE
Stéphanie Letarte navigue à travers différents champs disciplinaires, principalement celui du bijou contemporain, mais également les arts visuels. Sa pratique se déploie dans un cadre intime, entre sa table de cuisine et son atelier, nourrie par la lecture d’ouvrages féministes. Elle assemble objets, images pour créer des œuvres empreintes de poésie ou d’humour.
Les techniques qu’elle emploie résultent d’un apprentissage issu de formations académiques et de classes de maîtres suivies au fil des années. Son travail récent intègre des procédés tels que l’électroformage ou le pliage simple au fer à repasser. Elle privilégie les matières brutes, choisies non seulement pour leur texture ou leur esthétique, mais pour leur capacité à agir et réagir, à influencer le geste, à résister ou à surprendre.
S’inscrivant dans une perspective inspirée du nouveau matérialisme, elle considère la matière non pas comme un simple support, mais comme une entité capable d’orienter les formes, de générer du sens, et de participer activement au processus de création. Cette approche implique une attention accrue aux relations entre les corps, les matériaux et les gestes, une co-construction où le contrôle est partagé.
Ses œuvres cherchent à susciter la réflexion, à provoquer le dialogue et à apporter de la douceur et de la beauté, sans prétention. Témoignages sensibles et critiques, elles combinent des éléments visuels, tactiles ou sonores, invitant la personne spectatrice à une expérience multisensorielle, engageant à la fois l’intellect et les émotions.
Biographie
Stéphanie Letarte vit et travaille à Québec. Elle détient un diplôme d’études professionnelles en bijouterie-joaillerie (2007) et un baccalauréat en arts visuels de l’Université Laval (2019), avec un profil international à l’École supérieure d’art et de design Marseille-Méditerranée.
Son travail a été présenté lors d’expositions collectives au Québec, en France, en Espagne et en Allemagne, notamment à la Galerie des arts visuels de l’Université Laval (Québec, 2017) et au Musée d’art décoratif de Madrid (Madrid, 2023). Elle a reçu le premier prix du concours de drapeau (2018) ainsi que la bourse René Richard (2019) de l’École d’art de l’Université Laval.
EMILY LEWIS
Emily s’intéresse à l’impact de la joaillerie et des métiers d’art sur l’histoire. Elle travaille avec des motifs provenant des bijoux de Berlin Ironwork, des papiers peints et des textiles de William Morris et des bijoux victoriens. L’importance politique et culturelle des métiers d’art et du travail de joaillerie à cette époque est particulièrement pertinente aujourd’hui. Elle utilise la simplification et la répétition pour créer ses pièces, les lignes graphiques et les couleurs vives sont utilisées dans des matériaux non précieux afin de créer des pièces de production ainsi que des œuvres uniques en leur genre.
Elle explore le sentiment du bijoux et son poids émotionnel. Le corps paré et le corps en tant qu’ornement sont des thèmes récurrents.
Biographie
Emily Lewis est une artiste joaillière née à Terre-Neuve et élevée en Nouvelle-Écosse, qui vit à Québec. Elle est propriétaire du Studio METHOD(E) et de la Galerie Lewis, un studio de bijou contemporain et une galerie de métiers d’art contemporain respectivement. Elle se consacre au développement de la communauté et des réseaux de soutien dans la région de Québec, à l’échelle provinciale et nationale. Elle s’efforce de créer des espaces accessibles pour le travail, la diffusion et la réflexion.
KATIA MARTEL
À la jonction entre l’art visuel et les métiers d’art ma pratique artistique se définit par la réalisation d’œuvre d’expression que je nomme bijou contemporain. Au cours des vingt dernières années mon parcours artistique professionnel est marqué par la réalisation de projets solo, de duo ainsi que de participations à des expositions collectives au Québec, au Canada et à l’étranger. Ma pratique s’enracine dans un processus de réflexion et de recherche sur des enjeux qui me rejoignent personnellement telles que le vécu du corps, le vécu des lieux et les angoisses face aux effets du temps qui passe.
Enracinée dans un processus de recherche, les sujets de mes projets me portent parfois à traverser le cadre du médium du bijou contemporain pour intégrer la vidéo expérimentale, la photographie ou l’art performatif dans une perspective d’inter et de multidisciplinarité.
L’ensemble de mes projets sont liés par le caractère impermanent des sujets abordés. En effet, souvenirs, lieux, gens et corps sont des entités au moins aussi mouvantes qu’elles sont signifiantes dans une vie d’humain et par mon travail je trouve un certain refuge et j’apprivoise l’impermanence.
Biographie
Katia Martel est une artiste en bijou contemporain. Diplômée de l’École de joaillerie de Québec en 2004, Katia présente sa première exposition individuelle en 2010; le projet Culte hybride. Depuis son travail est présenté dans différentes exposition solo et collectives au Québec, au Canada et à l’étranger. Katia est récipiendaire de plusieurs bourses de recherche, de création et de production du Conseil des arts et des lettres du Québec et du Conseil des arts du Canada. Artiste en mi carrière, sa pratique est orientée vers la recherche et le développement du médium du bijou contemporain en relation avec les médiums de la vidéo, de la photographie, de l’art performatif dans une perspective d’inter et de multidisciplinarité.
LAURA SASSEVILLE
Le bijou est le centre de ma pratique. À travers différentes matières choisies et par leurs traitements, elles évoquent et matérialisent l’impact de la mémoire émotive. Le bijou porte l’angoisse existentielle et la relation avec le corps au sein d’une société formaté à la performance toxique et à une perfection perverse. Prenant tout son sens porté, il incite au dialogue.
Biographie
Laura Sasseville est née en 1980 à Montréal. Elle vit et travaille à Montréal, Qc. Elle étudie à l’école du verre de Montréal, Espace Verre (2004-07). Elle travaille avec cette matière pendant quelques années, avant de la trouver trop restrictive. C’est vers le bijou qu’elle découvre et lui apporte une grande liberté de création. Elle gradue, en 2017, de l’école de Joaillerie de Montréal, avec honore. Elle emporte les prix de la collection Privé de l’école, de la Qualité de la démarche artistique et le prix Barbara Cohen. Elle est finaliste au Prix François-Houdé de Montréal et 14th annuel Student Competition à L.A. Pai Gallery d’Ottawa.
Ce qui plaît à Laura du bijou, il est libre de matières. Elle sait se créer un vocabulaire créatif au travers de ses explorations de différents traitements des matériaux. L’argent et le cuivre ne sont pas les seules matières qu’elle aime utiliser. Le polymère, la porcelaine, le tissus, les perles, l’émail liquide et l’électroformage font partie de ses bijoux. Avide de savoir-faire, elle n’hésite pas d’acquérir de nouvelles connaissances pour approfondir son art. Multidisciplinaire, elle travaille avec d’autres médiums : le dessin, la sculpture et l’installation.
En 2020, elle reçoit une bourse du Conseil des Art du Québec en Recherche et Création, pour sa série Emotional Horder (La compulsion de la mémoire émotive). Une série de pièces exploratoires et importantes dans la démarche de l’artiste.
Épauler et mentorer par l’artiste en verre Susan Edgerly et le galeriste et commissaire Noel Guyomarc’h. C’est avec cette série qu’elle aura une meilleure compréhension de son identité artistique. Depuis, elle continue de puiser son inspiration de ce sujet de la mémoire émotive. Développant sur l’impact sur elle et sa condition féminine. On retrouve son travail dans quelques publications. Certaines de ces pièces ont été exposées au Canada et aux États-Unis.
ANNE-SOPHIE VALLÉE
Anne-Sophie Vallée est un artiste vivant et travaillant à Tiohtià:ke, Montréal, spécialisée dans la sculpture et la joaillerie. Elle détient un diplôme en artisanat avec une spécialisation en joaillerie du Cégep du Vieux-Montréal en partenariat avec l’École de Joaillerie de Montréal (2011). Elle a obtenu son diplôme de premier cycle à l’Université NSCAD, Halifax, avec une majeure en design de bijoux et métallurgie (2016). En 2020, elle a commencé un programme de troisième cycle au département de bijoux et métallurgie de la Rhode Island School of Design, Providence, RI. Inscrite au programme de MFA à l’Université Concordia en sculpture et céramique, elle obtient son diplôme en février 2025. Parallèlement au développement de sa pratique professionnelle en tant qu’artiste, elle met l’accent sur sa carrière d’éducatrice. Vallée enseigne à l’École de Joaillerie de Montréal depuis 2021. Elle a également enseigné au département de sculpture de Concordia, d’abord comme assistante enseignante (2022-2023) puis comme professeure à temps partiel en 2024. Elle a également enseigné dans de nombreux ateliers à l’Université Concordia en tant que conférencière invitée et à l’Atelier La Coulée.

En présence des artistes, nous vous invitons à découvrir Débordement lors du vernissage qui se tiendra au Centre Materia – Vendredi 09 janvier 2026, dès 17h.

Nos visites guidées, toutes gratuites, ouverte à tous·tes et sans inscriptions, sont l’occasion parfaite d’en apprendre plus sur l’exposition, les artistes et les œuvres. Assurées par Rose Guyon, médiatrice culturelle, nos visites permettent au public de découvrir autrement l’exposition Débordement au Centre Materia.
17 janvier 2026 (14h)
31 janvier 2026 (14h)
14 février 2026 (14h)
Les visites sont possibles grâce à l’Entente de développement culturel de la Ville de Québec.
L’École de joaillerie de Québec offre plusieurs activités et formations en lien avec l’exposition Débordement.
| HORAIRE | ÉVÉNEMENT | LIEU |
| 5 février 12h00 -14h00 | Conférence Laura Sasseville et Stéphanie Letarte | École de joaillerie de Québec 299 Av. 3e, Québec |
| 6-7-8 février 9h00-17h00 | Cours électroformage avec Laura Sasseville | École de joaillerie de Québec 299 Av. 3e, Québec |
| 25 février 12h30 | Conférence de Katia Martel | École de joaillerie de Québec 299 Av. 3e, Québec En ligne |


